Questions à gauche

Le texte ci-dessous est le résumé d’une note datée, écrite à un moment où l’histoire patine depuis de nombreuses années. Work in progress.

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  • 1 / Vous avez dit « socialisme » ?

Face à la dispersion de la gauche, aujourd’hui, il ne semble pas sérieux d’apporter des réponses sans avoir tenté de penser les questions.

Les mots qui servent de balises ou de marqueurs aux progressistes (socialisme, programme, parti, réforme, gauche…) sont autant de pièges car ils sont porteurs d’autant de sens qu’il y a de courants, de mouvements, de partis.

Ne doit-on pas, avant tout, remettre en question jusqu’aux notions qui sont les piliers de nos certitudes inopérantes ?

  • 2 / Le syndrome de Spartacus

Les pauvres sont depuis des millénaires dans le camp des vaincus et la gauche se reconnaît volontiers dans les héros morts dans une glorieuse défaite.

De Spartacus à Che Guevara, de la Commune de Paris au Printemps de Prague c’est une longue cohorte qui mène les classes populaires à un combat perdu d’avance dans l’imaginaire collectif.

N’est-il pas rationnel de travailler à se donner un nouvel horizon de victoire en pariant sur une obligation de résultats ?

  • 3 / Am… stram… gram, programme

La complainte du programme jamais appliqué est aussi récurrente que le chant du programme à élaborer avant toute échéance politique.

A la réflexion, un programme politique n’est applicable à la lettre que dans une dictature car il y a dans ce concept l’idée que la société de gré ou de force doit se plier dans le détail aux désirs du petit nombre de rédacteurs du programme.

Au lieu des discussions byzantines sur l’élaboration d’un programme détaillé, ne faut-il pas plutôt s’accorder sur des orientations, des objectifs concrets et des engagements mis en débat jusque dans leurs mises en œuvre ?

  • 4 / La catastrophe annoncée

Les lendemains qui chantent et l’avenir radieux de l’humanité comme perspectives des combats libérateurs ont cédé la place en tant qu’idéologie à un catastrophisme présentant la fin du monde comme proche et quasi inévitable.

L’être humain était maître et dominateur de la nature, aujourd’hui il est destiné, sous l’influence d’une certaine forme de pensée écologiste, à s’écraser ou être écrasé par la nature.

N’y a-t-il pas, sous peine de démobilisation radicale, à se donner des raisons de se débarrasser de la peur millénariste au profit d’un espoir rationnel et constructif ?

  • 5 / Alternative

À entendre nombre de propositions de rénovation de la gauche – ou à gauche de la gauche – il n’y qu’une alternative : refaire le PSU ou refaire le PCF.

Il y a non seulement d’autres options possibles, de la révolution à l’écologie en passant par la social-démocratie mais il y a surtout la nécessité de répondre aux défis du XXIe siècle.

La Fédération peut-elle porter un projet politique qui soit une idée neuve pour la France, l’Europe et le Monde ?

  • 6 / Chômages, variantes

À l’idée miterrandienne « contre le chômage on a tout essayé », la gauche – et une grande majorité de la gauche de la gauche et de l’extrême-gauche – ajoute une variante : « sur le chômage on a tout dit ».

Le chômage, au delà des effets de manche, reste un impensé, ce qui dispense de faire des propositions justes et de mener des actions solidaires.

N’est-il pas temps de reconnaître que le chômage n’est pas seulement une retombée de mauvaises politiques mais qu’il est au cœur du système inégalitaire-productiviste ?

  • 7 / Résister

La nécessaire résistance aux politiques menées par la droite fait souvent oublier que l’opposition en bloc et en détail à Sarkozy conduit à le combattre sur le terrain qu’il a choisi.

Construire une opposition à partir des mesures du gouvernement de droite n’aboutit qu’à oublier de penser la politique autrement qu’à partir d’un point de vue syndical.

Comment peut-on articuler l’action des mouvements sociaux et l’action politique sans les confondre ou manipuler les uns par les autres ?

  • 8 / Débattre pour agir

Il est bien entendu possible de rajouter autant de questions que l’on veut, au risque du débat.

Le débat démocratique ne va pas de soi et l’on assiste surtout en politique à des séries de monologues qui sont des discours juxtaposés aux réponses indiscutables.

Afin de mener une action politique efficace et responsable ne faut-il pas au préalable accepter que le débat s’organise autour des questions (voir liste non-exhaustive ci-dessous) plutôt que des réponses à priori ?

  • 9 / Annexes

Et pourquoi ne pas débattre : des primaires ; du foot ; de l’économie solidaire ; du RSA ; du nucléaire ; des régions ; de l’internationalisme ; du marché ; d’Internet ; des leaders ; de l’islamisme ; de la croissance ; de la responsabilité…

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RC / 21 08 2010

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