HLM : réhabilitation avec ou sans ?

La réhabilitation des immeubles HLM impactés par le changement climatique est un impératif national autant qu’un besoin exprimé par les résidents. Les économies d’énergie sont bonnes pour la planète autant que pour les fins de mois.

Du point de vue des locataires, il y a cependant un préalable incontournable. Ce genre d’opération, prévue avec les familles en place dans leurs appartements, doit impérativement prévoir la plus large concertation avant, pendant et après les travaux. Et second impératif : les gains en économie d’énergie doivent être répercutés sur les quittances après des travaux dont le coût ne doit pas être répercuté par des hausses de loyer.

L’immeuble Jean-Moulin a eu droit dans les années soixnte-dix à une carte postale

Ces questions ont été largement et longuement débattus entre le bailleur, les locataires et leur Amicale de la résidence Jean-Moulin à Clichy (92). L’affaire pourtant n’allait pas de soi.

Ainsi, lorsqu’au tournant du siècle les locataires ont commencé à faire valoir leur demande d’une rénovation nécessaire en raison de la vétusté et des premiers signes d’inadaptation de l’immeuble en matière énergétique, ils ont tout d’abord eu comme réponse qu’il était urgent d’attendre.

Ce n’est qu’en 2018 que leurs propositions ont commencé à être entendues. Le bailleur, l’Office public Hauts-de-Seine Habitat, a tout d’abord annoncé à cette époque que les appartements de l’immeuble allaient être vendus à la découpe. Tollé dans la résidence et mise en place d’un plan de résistance des locataires avec leur amicale.

Après des débats entre locataires, une ligne de revendication a été adoptée. Elle pouvait se résumer ainsi : « Oui aux travaux, Non à la vente ». Et ce slogan s’est retrouvé converti en banderoles installées sur les balcons. Cette stratégie, qui à l’époque est remontée jusqu’au ministre du logement (l’actuelle présidente de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH)*, Emmanuelle Cosse), a fini par payer. Le bailleur et la mairie ont cédé et annoncé que le projet de ventes était annulé. Le principe d’une rénovation et le chantier n’avait plus qu’à se mettre en place.

Les banderoles aux balcons de l’immeuble : les locataires font savoir qu’ils ont leur mot à dire !

C’était sans compter sur le fait que la résidence était en copropriété et que les décisions ne pouvaient que traîner du fait de l’inadaptation actuelle de la législation à ce type de « copropriété mixte ». C’est-à-dire rassemblant une quarantaine de copropriétaires individuels et les deux cents locataires du bailleur public.

Sans compter que pour les locataires il n’était pas question d’accepter un simple ravalement de façade et le paiement des travaux par des augmentations de loyers. Si le slogan bien connu « On lâche rien » a une signification, c’est bien dans ce cas. Projets après projets, les documents du chantier ont été acceptés par toutes les parties ainsi que les conditions financières. L’appel d’offres a été remporté par l’entreprise Bouygues en décembre 2025. Le début des travaux a été fixé au début du printemps 2026. Nous y sommes ! Mais il a fallu six ans de rencontres, de réunions et de débats.

L’Amicale a depuis annoncé la nouvelle aux résidents après une première présentation de l’équipe de chantier aussitôt répercutée par ce que l’on appelle dans notre jargon associatif un « pied d’immeuble ». Engagement est pris d’un suivi des travaux et appel pour que toutes et tous se sentent concernées et mobilisées.

Prochaines échéances : samedi 11 avril un second « pied d’immeuble » organisé par le collectif Jean-Moulin puis une réunion publique prévue par le bailleur, ouverte à tous les résidents. Et l’installation d’un appartement témoin car des travaux de rénovation sont également prévus à l’intérieur des appartements locatifs. On vous dit tout !

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